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 texte en prose

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Angelle
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MessageSujet: texte en prose   Sam 8 Sep - 16:19

Trouble…


Il y a des choses qu’il ne faut pas oublier, simplement parce qu’elles sont fortes, ou parce qu’elles réveillent des sensations en nous qu’il est indispensable d’avoir connues au moins une fois dans sa vie.
Il me semble que cela c’est passé le lundi 13 mars 2006. Ce jour-là, j’ai eu la chance de faire un stage d’une journée avec un vétérinaire pour chevaux. J’ai rencontré des gens vrais, j’ai échangé des émotions fortes avec certains d’entre eux, des mots ou des rires avec d’autres. Ces gens, parce qu’ils avaient fait appel à un vétérinaire, étaient assurément des gens bien qui, à défaut d’amour (ce n’est pas parce qu’on possède un animal qu’on l’aime forcément), éprouvaient de la compassion ou avaient des inquiétudes au sujet de leur cheval.
Dans la plupart des cas, le vétérinaire observait le cheval et donnait ses recommandations au propriétaire. Mais il arrive aussi que le vétérinaire ne soit pas là pour soigner un cheval, mais pour l’aider. C’est ainsi que je me suis retrouvée, je ne sais plus bien où, dans les écuries d’un immense centre d’équitation, devant le stalle d’un cheval qui avait la colique. Je savais à quoi m’attendre et pourtant, je ne pouvais m’empêcher de trembler.
Le vétérinaire m’avait dit : « On va peut-être être obligé d’endormir le cheval. » Pour moi, habituée des hôpitaux, « endormir » ne signifiait rien d’autre qu’endormir, lors d’une opération par exemple, mais on se réveille toujours après normalement. Là, ce n’était pas le cas, et ça se sentait.
Le cheval était en sueur, bien qu’il neigeât au-dehors et qu’il y eût un vent formidable, et il était secoué de tremblements, comme je l’étais moi-même mais pour de bien différentes raisons. Il ne pouvait plus bouger, sauf par de petits bonds qu’il faisait pour échapper à la seringue du vétérinaire. J’entendais les palefreniers à côté de moi qui disaient : « Il est au bout…
- Ouais, ça ne va pas être simple.
- Non. »
On avait appelé la propriétaire, une femme d’âge mûr, dont le visage exprimait l’anxiété et la tristesse. Elle alla vers son cheval, lui parla pour l’apaiser, le temps que le vétérinaire le pique. Le cheval s’écroula dans son box, haletant. J’entendis quelque chose telle que : « On aurait dû le faire dehors, mais il était incapable de faire un pas, le pauvre vieux. » Mais je ne saisis le sens de ces paroles que quelque temps plus tard, car je ne pouvais détacher mes yeux du pauvre animal allongé sur sa litière. Les hommes lui immobilisèrent les jambes, pour qu’il ne donne pas de coup, le vétérinaire lui fit une deuxième piqûre (il en fallait trois, je crois) et la dame s’agenouilla près de son cheval. Elle ne pleurait pas et je devais me concentrer pour en faire autant. Elle s’adressa alors à haute voix à l’animal, pris de petits spasmes, en ces termes qui sont restés gravés dans ma mémoire : « C’est ici que l’aventure se termine Aladin. Ça a été bien ! Hein, mon ami ? En vingt-six ans, on en a fait des choses ! » Sa voix tremblait et cela me déstabilisa encore plus. Je me retournai pour faire face au vent qui pénétrait l’écurie. La neige… Les petits flocons qui tourbillonnaient dans le ciel rose et gris d’un matin d’hiver m’apparaissaient soudain fantastiques. Je les associais au cheval mort maintenant, alors qu’il n’avait rien en commun avec eux : il était bai brun, pas de poils gris ou blancs, et pourtant j’avais la certitude qu’il galopait là, sous nos yeux, en changeant sans cesse de direction, comme s’il exécutait une dernière danse avant que le rideau ne tombe. Et tout à coup, il disparut des flocons, les laissant retomber sagement sur le sol parsemé de paille. Quand je me retournai, la propriétaire pleurait.

(ce texte date un peu… désolée)
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Shota Rustaveli
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MessageSujet: Re: texte en prose   Mer 12 Sep - 18:08

Je viens de découvrir ton style d'écriture et j'en suis subjugué! Bravo Angelle! cheers Tu sais quoi? Cette histoire m'a rappelé un événement qui est survenu cet été. Si j'ai le courage de l'écrire, je le mettrai à la suite de ton récit...
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Galadrien
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MessageSujet: Re: texte en prose   Mer 12 Sep - 18:31

Intense! Surprenant et porteur de sentiments très forts! Comme aurait dit Cottard dans ''la Peste'': Je vous tire mon chapeau!
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Angelle
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MessageSujet: Re: texte en prose   Jeu 1 Nov - 16:54

merci... je viens de lire mon texte à une très bonne amie, et... ça l'a fait pleurer... je lirai pas mon prochain texte ! lol !
Non mais sérieusement, le seul texte que j'ai envie d'écrire est le texte que j'ai le plus peur d'écrire... je fais quoi ? en plus, il risque d'être très long, trop long peut-être... aidez-moi svp
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Galadrien
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MessageSujet: Re: texte en prose   Ven 2 Nov - 14:21

Il faut l'écrire! Si tu trouves l'inspiration et le temps nécessaire, ça vaut la peine d'entreprendre la rédaction d'un texte qui te tient vraiment à coeur!
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Floresita
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MessageSujet: Re: texte en prose   Mer 7 Nov - 21:18

Oui, je suis d'accord. Tu devrais écrire ce texte si important. Et je suis sûre qu'il pourra t'aider, peut-être à faire le deuil si tu parles bien du texte auquel je pense.
Et je viens de relire ton texte. Et même la deuxième fois, il m'a fait pleurer. Je le trouve tellement beau, vrai et profond. Et tu écris si bien que, quand je lis, j'ai comme l'impression que la situation se passe là devant mes yeux. Ton récit m'a litéralement transportée... ^^ Merci
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Dédé
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MessageSujet: Re: texte en prose   Jeu 8 Nov - 16:45

J'aime les chevaux et l'équitation et ça m'ai déjà arriver d'en voir un souffrir ou très malade mais jamais mourir...mais ton texte m'a fait imaginé cette scène comme si je l'avais vécue...très beau texte et je te conseille vraiment d'écrire ton autre texte, ça fait souvent du bien d'écrire
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